Comment vaincre l'éjaculation précoce!

Prennez votre vie sexuelle en main et dites adieu aux problèmes d'éjaculation prématurées!

Durer longtemps au lit

 

Tout est prêt. La soirée a été des plus agréables, les lumières sont tamisées, une douce musique met une ambiance langoureuse dans toute la maison, les amoureux s'approchent du lit et commencent à se caresser du plus en plus intimement. Le pénis devient aussi de plus en plus rigide, bande bien dur et… éjacule! Déception! Avant même la pénétration, l'excitation est totalement retombée et les partenaires se regardent, déçus, incrédules. Dans le meilleur des cas, surtout si c'est la première ou une des premières fois que ce phénomène se présente, les deux peuvent s'en amuser, mais si la situation perdure, s'il devient impossible d'avoir des rapports sexuels parce l'éjaculation masculine apparaît trop rapidement après la pénétration ou même, comme dans le cas présent, avant la pénétration elle-même, on est en présence d'une dysfonction sexuelle assez commune que l'on nomme éjaculation précoce ou éjaculation prématurée.

Une situation fréquente

Cette situation singulièrement désagréable et embarrassante est assez fréquente pour que les sexologues, ces spécialistes de la relation sexuelle, y portent un intérêt particulier. Leurs observations confirment qu'environ un homme sur trois est affligé d'une manière ou d'une autre par ce phénomène. Mais c'est justement dans la manière dont cette dysfonction se présente qu'il existe de nombreux désaccords au sein même de ce groupe de spécialistes. Si tous sont d'accord pour dire que, comme dans l'exemple précédent, lorsque l'homme éjacule avant même de pénétrer sa partenaire on est certainement en présence d'éjaculation précoce, les avis deviennent plus partagés lorsqu'il y a effectivement pénétration. Dans ce cas, certains affirment que, pour qu'on soit en présence d'éjaculation prématurée, il faut que l'évacuation du sperme se produise avant un certain temps, qui peut varier entre trente secondes et deux minutes. Mais la manière dont on arrive à préciser cette durée idéale reste fort mystérieuse! D'autres, optant toujours pour une approche comptable, proposent de compter le nombre de poussées péniennes après l'intromission du pénis dans le vagin. Mais la même question se pose alors: quel est le nombre d'or? Parlera-t-on d'éjaculation précoce si le sperme se répand avant cinq, dix ou quatre cent trente-deux mouvements intra vaginaux?

Quelle est la solution?

La solution à ce dilemme est dans le changement de l'optique utilisée pour définir le phénomène. Si, au lieu de s'acharner à comptabiliser la durée ou les mouvements de l'interaction sexuelle, on s'intéresse plutôt à la satisfaction des partenaires, on arrive à une définition plus humaine et surtout plus utile de l'éjaculation précoce. C'est ce qu'ont fait Masters et Johnson, ces précurseurs de la thérapie sexuelle. Pour eux, la simultanéité des orgasmes de la femme et de l'homme revêtait une grande importance dans l'apparition du plaisir sexuel, et ils définissaient l'éjaculation prématurée comme le fait pour l'homme d'atteindre l'orgasme avant sa partenaire dans plus de la moitié de leurs rapports sexuels. De nos jours, la notion de simultanéité orgastique est battue en brèche, et on a recours à une définition qui tient compte de la satisfaction que les partenaires tirent de leur rapport sexuel. En se basant sur ce critère, on peut dire grosso modo qu'on est en présence d'éjaculation précoce si, de manière habituelle, l'un des partenaires trouve que la pénétration ne dure pas assez longtemps.

 

 

Les causes de l'éjaculation précoce

Lorsqu'on tente de comprendre les causes de l'éjaculation précoce, on se retrouve, ici encore, face à de nombreuses explications souvent contradictoires. Au milieu du XXe siècle, l'un des pionniers de la sexologie, Alfred Kinsey affirmait tout simplement et assez crûment qu'une éjaculation rapide était une réponse d'une qualité biologique supérieure aux autres puisque la possibilité de transmettre ses gènes devait être la préoccupation première du mâle lors d'un rapport sexuel, et ce, quel que soit le degré d'inconfort et de gêne que cette supériorité provoquait chez sa femme! Pour lui, le contrôle éjaculatoire ayant pour but de faire augmenter le niveau de plaisir de sa partenaire était un préjugé de nature sociale qui devait céder le pas devant l'obligation biologique de l'éjaculation. Toujours dans le registre des explications fumeuses, la psychanalyse y va de son grain de sel. Pour elle, l'éjaculation précoce serait due à une régression de l'homme au stade anal et représenterait symboliquement un épisode de l'énurésie dont il aurait souffert étant enfant! De nos jours cependant, le consensus des scientifiques sur cette question s'oriente de manière plus sérieuse vers la probabilité que certains hommes soient dotés d'un seuil d'excitation sexuelle plus bas que la moyenne. Cette particularité ferait en sorte que la phase d'inévitabilité éjaculatoire se présenterait plus rapidement chez eux que chez les autres. En fait, plus on se penche sur la question et plus il semble que l'éjaculateur précoce soit un homme qui n'a pas eu la chance d'apprendre à évaluer les niveaux de son excitation sexuelle et à reconnaître le moment où se présente le point de non-retour.

Mais le véritable problème que cause l'éjaculation précoce se situe bien plus dans les conséquences qu'elle peut avoir sur l'homme qui en est atteint et sur son couple que dans le fait de venir trop vite. En effet, l'homme qui éjacule prématurément voit diminuer sa confiance en lui-même. Il remet en question sa masculinité, sa virilité et son estime de lui-même diminue, ce qui fait qu'il se sent de moins en moins à même de faire face à la situation afin de régler le problème. D'autre part, la femme qui est aux prises avec une telle situation peut être à juste titre déçue et même fâchée; elle peut se sentir utilisée au point de vouloir changer de partenaire et de parfois passer à l'acte. Elle peut également tenter d'espacer ou même d'éviter les contacts sexuels avec son partenaire éjaculateur précoce, un comportement qui aura pour effet d'exacerber le problème. La résolution d'un problème d'éjaculation prématurée passe en effet, pour l'homme qui en est affligé, par l'augmentation de sa capacité de contrôle face à la stimulation sexuelle. Or ce contrôle de soi ne peut s'apprendre qu'en s'exposant, de manière graduelle, à la stimulation et en s'apprenant à soi-même à y résister. Il est alors facile de comprendre que plus les contacts sexuels seront espacés, plus il y aura de risque de «débordement» rapide du sperme lors de la pénétration.

Comment s'en départir?

Peut-on guérir l'éjaculation précoce? La réponse toute simple est évidemment non, puisque, cette dysfonction sexuelle n'étant pas une maladie, elle ne peut pas guérir! Mais on peut certainement amenuiser et même faire complètement disparaître cette difficulté. Pour ce faire, il ne faut évidemment pas chercher la solution dans certaines pratiques assez primitives, comme celle qui consiste ligoter le pénis pour le garder en érection permanente, qu'il y ait éjaculation ou pas. Non, pour résoudre un problème d'éjaculation précoce il faut commencer par bien connaître et bien comprendre les étapes de l'excitation masculine qui amènent à l'éjaculation. L'explosion éjaculatoire se manifeste lorsque, suite à des préliminaires excitants, l'homme est solidement bandé, et qu'il est suffisamment stimulé pour qu'il ne puisse plus se retenir, et ce, que le pénis soit à l'intérieur ou à l'extérieur du vagin. Mais ce phénomène n'est pas instantané. Une éjaculation ne se présente pas comme une lampe qu'on allume ou qu'on éteint, ou alors, c'est une lampe équipée d'un rhéostat qui permet de faire augmenter progressivement l'intensité lumineuse et de la faire redescendre pour ensuite recommencer, et ainsi de suite, selon l'humeur du moment. Il en est de même pour l'éjaculation qu'on peut volontairement retarder ou laisser exploser.

L'homme qui veut contrôler son éjaculation comme il contrôle sa lampe à rhéostat doit commencer par s'apprendre à discriminer adéquatement les niveaux et les seuils de son excitation sexuelle. La capacité à reconnaître les sensations prémonitoires à l'éjaculation et, plus particulièrement, la zone de l'inévitabilité éjaculatoire est évidemment une condition incontournable du contrôle éjaculatoire. L'entraînement à la non-éjaculation a pour but de faire prendre conscience à l'éjaculateur de ses sensations pré orgastiques et de lui faire découvrir des moyens de se concentrer sur ces sensations pour mieux contrôler son éjaculation. Les exercices de Kegel qui consistent à contracter le périnée, le muscle du plancher pelvien peuvent aider l'éjaculateur précoce en lui donnant plus de contrôle sur son éjaculation. Mais la voie royale vers l'identification de ces sensations est évidemment la masturbation qui permet d'amener l'excitation à un niveau proche de l'orgasme et puis… d'arrêter. En recommençant cet exercice masturbatoire régulièrement, on en arrive à identifier précisément son point de non-retour et c'est là que réside le secret du contrôle. Lorsqu'on a bien identifié les sensations pré orgastiques, on est prêt, si on a la chance d'avoir une partenaire régulière, à pratiquer l'exercice en équipe en utilisant la technique de la focalisation sensorielle (sensate focus) mise au point par Masters et Johnson (encore eux!). Couché sur le dos, l'homme se laisse masturber par les mains, les seins, la bouche de sa partenaire jusqu'à ce qu'il arrive juste avant le point de non-retour. À ce moment, il demande à sa partenaire d'arrêter, comme il le faisait lors des masturbations solitaires et il se détend. Puis, l'exercice recommence. Bien sûr, au cours des premiers essais, il faudra arrêter les caresses assez rapidement, mais petit à petit, on pourra faire augmenter leur durée et leur intensité. Dans ce premier temps, il ne faut même pas songer à la pénétration, mais peu à peu, au fur et à mesure que le contrôle augmentera, on pourra s'y adonner. Pour ce faire l'homme se couchera sur le dos et demandera à sa partenaire de s'asseoir sur lui pour procéder à un va-et-vient sexuel très léger au début, puis de plus en plus vigoureux. Étant donné la position de la femme, il lui sera alors facile de se retirer lorsque l'homme lui demandera de le faire afin qu'il puisse retrouver son calme. Et puis, on pourra recommencer de manière à progressivement atteindre un rapport sexuel complet et épanouissant.