Comment réagir face à une panne sexuelle?

L'identification de la cause du problème est le premier pas vers une vie sexuelle intense et épanouie.

Faire face à l'impuissance sexuelle

 

On estime qu'après l'âge de quarante ans, un homme sur trois aura fait l'expérience de la panne sexuelle. Mais quelle réalité recouvre cette étrange expression? Tous seront sans doute d'accord pour dire que cette panne masculine est synonyme de la mollesse érectile qu'on appelle impuissance, mais quand on a dit ça, est-ce qu'on est vraiment plus avancés? Malheureusement, pas. Le terme «impuissance» recouvre en effet plusieurs types de problèmes qui vont de l'incapacité à obtenir une érection à l'incapacité de la maintenir, en passant par l'éjaculation précoce et la baisse ou la perte de ce désir sexuel que Freud appelait la libido. Et l'erreur la plus commune quand on est confronté à une difficulté de ce type, c'est de tout mettre dans le même panier en se disant: «Ça y est, c'est fini. Maintenant, je bande mou, il n'y a plus rien à faire.»

L'illusoire panacée

Les difficultés sexuelles existent depuis toujours, et depuis toujours, l'humain s'est acharné à les faire disparaître par toutes sortes de traitements plus ou moins sérieux et plus ou moins efficaces. Le moins sérieux et sans doute le plus amusant pour nous se trouve dans «Les admirables et merveilleux secrets du grand et du petit Albert» un ouvrage du Moyen-Âge qui affirme que, pour «dénouer l'aiguillette», il suffit de manger à jeun un pivert rôti avec du sel béni, pour que le problème disparaisse. Et si cette recette peut nous sembler bizarre, celle qui explique comment nouer justement ladite aiguillette - autrement dit, comment causer l'impuissance - l'est encore plus, puisqu'elle préconise de lier, avec du fil blanc, la verge d'un loup nouvellement tué en prononçant le nom de celui qu'on veut ainsi mettre en panne… Oui, tout ça est bien cousu de fil blanc!

Mais, plus sérieusement, nous savons aujourd'hui que les difficultés sexuelles en général et l'impuissance masculine en particulier peuvent avoir plusieurs causes, autant physiques que psychologiques, et résultent généralement d'une interaction entre ces divers facteurs. Il est donc utopique de chercher LA panacée de la dysfonction érectile. Mieux vaut se pencher sur ses diverses composantes.

Quelle est la gravité du problème?

Il faut prendre le temps de réaliser l'importance symbolique du pénis en érection pour comprendre combien il est anxiogène pour l'homme de se voir confronté pour la première fois à la mollesse de son érection ou à son absence, tout simplement. Et si l'homme en question a une partenaire sexuelle stable, l'anxiété qu'il ressent se transmet également à sa partenaire qui risque de prendre sur elle cette panne érectile et de s'en culpabiliser.

Deux précautions s'imposent avant de se préoccuper outre mesure de cet épisode de mollesse. La première est la dédramatisation de cet épisode désagréable à travers la communication. Lorsqu'on sait que ce genre de baisse de désir n'est généralement pas le signe d'une affection durable et délétère, on est mieux à même d'y réagir de manière sereine. Et, ici encore, la présence d'une partenaire avec laquelle on peut échanger sur cette difficulté passagère vient faciliter la situation. Mais attention, sous prétexte de dédramatisation, il ne s'agit pas de sombrer dans la négligence ou pire, dans l'ignorance de la situation. Souvent en effet, par orgueil ou par gêne, l'homme surpris par une défaillance choisit de ne pas en parler et va même jusqu'à demander à sa partenaire de faire de même. Mais est-ce la meilleure solution? À l'inverse de l'abcès qui, lui, grossit dans le noir, le pénis dont on ne parle pas risque de rester petit et flasque fort longtemps

La deuxième erreur à ne pas commettre est celle de la généralisation. Les épisodes de panne sexuelle sont généralement vécus de manière assez désagréable par les deux partenaires. C'est pourquoi on peut avoir tendance à en augmenter l'importance ou la fréquence de manière subjective. Si ce genre de difficulté se présente à quelques reprises, il est important d'en documenter le déroulement, l'ampleur et la fréquence, un exercice qui pourra s'avérer utile si l'on doit faire appel aux services d'un professionnel pour régler le problème. Et en parallèle, ces notations permettront de savoir si le problème est important ou pas. En effet, avant de pouvoir parler de dysfonction sexuelle, il faut que la panne soit présente de manière durable, en termes de mois. Il est donc tout à fait normal et peu inquiétant d'avoir des hauts et des bas dans le courant de sa vie sexuelle.

Qu'est-ce qui cause la panne?

Une information objective sur les causes possibles d'un épisode d'impuissance peut également contribuer à dédramatiser la situation. Tous s'entendent pour affirmer que la panne peut être due à des facteurs physiques et à des facteurs psychologiques.

 

 

Les facteurs physiques

Les facteurs physiques qui sont susceptible de causer une panne de désir peuvent être l'avancement en âge, la présence des véritables pathologies, diagnostiquées par un médecin, de mauvaises habitudes de vie qu'on n'arrive pas à contrôler, ou encore la prise de médicaments.

  • L'âge est évidemment un facteur causal de l'impuissance qui est à peu près irrémédiable puisqu'il est irréversible. L'avancement en âge cause la diminution de toutes les fonctions vitales et particulièrement dans le cas qui nous intéresse ici, la diminution de la production de la testostérone, cette hormone androgène qui contrôle l'érection.
  • Diverses maladies sont également susceptibles de provoquer une réduction ou même une suppression pure et simple de la puissance érectile. D'une manière générale, toutes ces afflictions ont la particularité de faire diminuer la fluidité de la circulation sanguine. Et, comme l'érection est causée par un afflux de sang dans le pénis, il est facile de comprendre que tout ce qui peut affecter cet afflux pourra être cause d'impuissance. Les maladies les plus susceptibles de causer cet effet désagréable sont l'artériosclérose, bien évidemment, le diabète et la candidose.
  • Les habitudes de vie nocives peuvent également ralentir considérablement la circulation sanguine et avoir comme conséquence le ramollissement pénien. Ce sont, on l'aura compris, le tabagisme et l'alcoolisme. Une nuance doit cependant être ici apportée au sujet de l'alcool: pris en quantité raisonnable, il peut avoir un effet désinhibiteur chez une personne timide, mais lorsqu'il est utilisé abusivement et habituellement, il empêche l'érection.
  • Enfin, certains médicaments, et plus particulièrement les psychotropes antidépresseurs ont une action suffisamment anaphrodisiaque pour carrément enrayer l'érection.

Les facteurs psychologiques

De nombreux facteurs psychologiques peuvent aussi provoquer la panne sexuelle. Et ces facteurs peuvent se situer chez l'homme qui a des difficultés érectiles, bien sûr, mais également chez sa partenaire, ou même dans l'interaction entre les deux.

  • La dépression. Il est bien connu que les personnes dépressives ont peu d'intérêt pour les activités de leur vie en général. Et cette apathie se retrouve évidemment au lit avec les conséquences que l'on sait. Mais, comme on peut se demander si l'impuissance cause la perte du désir ou si c'est l'inverse qui se produit, on ne sait pas vraiment si c'est la dépression qui cause la défaillance érectile ou l'inverse.
  • Les émotions négatives. Tout ce qui cause de l'anxiété vient nuire, par définition, à l'accomplissement de l'acte sexuel. Il n'est donc pas surprenant que l'on remarque la présence de problèmes érectiles chez les hommes qui vivent de l'inquiétude (et pas uniquement celle qui est reliée à l'acte sexuel), qui craignent de voir la difficulté se répéter, qui souffrent d'anxiété de performance et qui perçoivent l'acte sexuel comme un test de virilité ou qui, à l'inverse, le trouvent monotone. La crainte d'une grossesse indésirée peut également nuire à la présence d'une érection. Enfin, le complexe de la madone prostituée qui fait qu'un homme ne peut pas atteindre l'érection en présence de sa femme légitime, la mère de ses enfants, mais qu'il n'a aucun problème lorsqu'il copule avec d'autres femmes est sans doute dû à un système de valeurs fortement archaïque chez cet individu, mais il existe bel et bien et peut causer problème.

En définitive, la meilleure façon de réagir à la panne sexuelle est sans doute, lorsqu'elle se présente pour la première fois, de dormir dessus et d'en parler le lendemain matin. Et, si elle persiste, de documenter son déroulement pour mieux intervenir.